
Olivier Berducou
Délégué Syndical Central Orange
Chaleur de juillet, en mai puis juin… comme tous les ans, le climat se dérègle, la machine s’emballe… les médias semblent encore s’étonner et les femmes et les hommes tentent de s’adapter… Tout cela n’est la résultante que d’une seule et même constante : l’inadéquation entre le courage politique nécessaire aux profondes transformations économiques, sociales et sociétales et le calendrier démocratique. In fine, la seule solution qui s’impose sans bruit…c’est ne rien changer… jusqu’au jour où les choix s’imposeront.
Chez Orange, l’assemblée générale des actionnaires du mois dernier permet au groupe de rendre des comptes à ses propriétaires de parts. La CFDT déplore, une fois de plus, que les salariés aient été les grands absents des multiples interventions et prises de parole lors de ce rendez-vous.
Comme il a été régulièrement rappelé par la Directrice Générale, l’investissement constant des personnels a permis la réussite du plan « Lead the Future ». Avec de tels résultats, nous regrettons que les actionnaires n’aient pas voté une offre d’attribution gratuite d’actions, revendiquée vivement par la CFDT au titre de la reconnaissance des efforts réalisés.
Cela repose la question sur les mécanismes qui pourraient réellement permettre dans nos entreprises un juste partage la valeur créée vers toutes les parties prenantes.
Lors de l’assemblée, l’élection de Nadia Zak Calvet comme administratrice représentant les salariés actionnaires a enfin été officialisée après des multiples procédures juridiques lancées (et toutes perdues !) par la CFE CGC Orange.
Cela va combler enfin l’absence de 2 ans de cette représentation au sein du Conseil d’administration.
La directive européenne « Women on Board », déclinée dans le droit français, a entrainé la révocation de l’administrateur CFE-CGC, représentant les salariés pour être remplacé par une administratrice issue de la même organisation syndicale.
Vincent Gimeno, CFDT, administrateur représentant les personnels d’Orange a été maintenu ainsi que l’administrateur représentant les employés, techniciens et agents de maîtrise issu de la CGT, chacun étant arrivé en première position sur leur collège respectif.
Enfin, dans ses interventions, la Directrice Générale du Groupe a évoqué l’existence d’un comité, à haut niveau sur l’IA. Pour la CFDT, cette instance ne suffit pas. Les bouleversements fondamentaux apportés par l’IA nécessitent l’ouverture d’une négociation au niveau groupe et la mise en place rapide d’un accord-cadre sur ses usages. La CFDT demande l’ouverture de cette négociation depuis plusieurs années maintenant.
Par ailleurs, le DRH du Groupe, présent au sommet de l’IA, a signé pour Orange, le « Pledge for a Trustworthy AI in the World of Work » aux côtés de la Banque de France. Lors de ce sommet, il affirmait : « Chez Orange nous sommes convaincus que l’IA doit être au service de celles et ceux qui font vivre notre entreprise. Cela passe par : [notamment] Un dialogue social fort pour intégrer l’IA de manière éthique et transparente. »
Peut-on y voir une ouverture positive pour une future négociation sur l’IA ? A suivre.
Les tractations sont maintenant terminées et nous sommes dans l’attente de validation des autorités de la concurrence. La CFDT, seule organisation représentative chez les quatre opérateurs est très vigilante sur le volet social de ce rachat et reste en lien avec les directions et les autorités nationales pour que ce dossier soit suivi de près à tous les niveaux.
À la fin du mois, à Bordeaux, la CFDT va tenir son 51ème congrès. C’est l’occasion de mettre en valeur le « D » de notre système démocratique en débâtant de nos textes d’orientation et de revendication et en renouvelant nos instances dirigeantes.