
Olivier Berducou
Délégué Syndical Central Orange
Depuis plusieurs jours, des lycéens et des lycéennes se mobilisent devant leurs établissements pour dénoncer le manque de moyens de l’Éducation nationale et leurs conditions dégradées de scolarité. Cette mobilisation est légitime. Elle rejoint ce que les personnels éducatifs vivent au quotidien et que la CFDT dénonce depuis longtemps : des sous-effectifs chez les enseignants et les enseignantes, les personnels de vie scolaire, de santé, de service social et d’accompagnement des élèves en situation de handicap ; des missions trop peu reconnues ; des locaux vieillissant et inadaptés voire délabrés par endroit.
Cette colère s’agrège également aux tensions grandissantes dans la société sur le pouvoir d’achat et l’augmentation du prix des carburants.
Sur fond de montée de l’extrême droite en Europe, les violences policières à l’égard de nos jeunes sont très inquiétantes. Une société violente à l’égard de sa jeunesse est une société en perte évidente de repères. Si tout n’est pas acceptable de leur part, nous leur devons un cadre de dialogue et de bienveillance qui les construisent en citoyen engagés et responsable. Cette configuration est explosive, elle nécessite la reconnaissance inaliénable de l’organisation de corps intermédiaires, dont les organisations syndicales, pour organiser, prioriser et protéger le dialogue et la construction de compromis.
Dans les entreprises comme Orange, ce « challenge » sur la place des organisations syndicales est aussi très présent. À l’image de la société civile, le corps social de l’entreprise se tend et se radicalise à défaut d’avoir le sentiment d’être entendu. La CFDT agit au quotidien pour peser sur le devenir social, les droits et les avantages de nos collègues, mais nous devons également être écoutés et entendus sur les enjeux sociétaux, environnementaux et stratégique qui sont porteurs d’enjeux essentiels pour l’entreprise et son personnel. Cela constitue, de fait, notre terrain de revendications et la CFDT s’y engage avec force et détermination.
Quand par exemple nous marquons notre opposition à un projet tel que la coentreprise en cours de création sur les data centers, c’est dans l’intérêt supérieur de l’entreprise et de ses salariés. Il n’y a pas de jeu de posture mais une véritable conviction avec des enjeux de maîtrise des coûts, de souveraineté et de développement des compétences. Le monde futur des télécommunications n’existera pas sans data center et les voir partir du giron exclusif du groupe représente pour la CFDT un risque existentiel majeur sur le moyen terme pour notre groupe et son personnel.
Côté actualité, un petit mot sur la fermeture courant octobre pour Orange de la 2G. Cela devrait permettre de réallouer les fréquences radio et les ressources d’infrastructure vers la montée en charge des réseaux 4G et 5G, nettement plus performants et éco-efficients
Enfin pour conclure et dans les autres actualités à venir, le 5 novembre nous seront mobilisés dans le cadre d’une intersyndicale pour un mouvement de grève interprofessionnelle. Les principales revendications raisonnent avec certains propos déjà évoqués pour l’Entreprise Orange et porteront sur la hausse des salaires, la défense du pouvoir d’achat face à l’inflation et la préservation de l’emploi industriel et des services publics.
Fin novembre, des élections vont se dérouler du 24 au 26 sur OBS SA. Ces élections sont importantes pour la CFDT afin de peser et agir en cohérence sur l’ensemble du Groupe Orange.