
Olivier Berducou
Délégué Syndical Central Orange
Les incendies qui ont touché la France cet été ont placé de nombreux habitants, travailleurs, services de secours dans une situation particulièrement difficile voire extrême.
Les canicules qui s’enchaînent depuis des mois et l’Europe poursuit sa triste litanie de record de chaleur…
Dans un premier temps, nos pensées vont vers tous ceux qui sont touchés directement ou indirectement par ces évènements dramatiques. Des vies sont brutalement bouleversées, et pourtant peu de choses changent…
Dans l’urgence, la santé et la sécurité avant tout autre considération
Bien évidemment, la première chose à préserver et protéger, c’est la sécurité des personnes. IL faut absolument accompagner les plus fragiles et les plus exposés à ces conditions extrêmes : les travailleurs, les enfants, les anciens… tous doivent être considérés.
Cependant, au-delà des conséquences immédiates, cette crise inédite va sans aucun doute générer de nombreuses difficultés : stress, fatigue, inquiétude. L’éco-anxiété va croitre et non sans raison…
Les incendies de l’été nous rappellent avec force une réalité que nous ne pouvons plus ignorer : la sécheresse, les vagues de chaleur et les conséquences du changement climatique font désormais partie de notre quotidien. Face à cette situation, nous devons collectivement agir pour renforcer la prévention, protéger davantage les travailleurs exposés à ces risques croissants et préserver nos forêts, patrimoine naturel essentiel à la biodiversité, à nos territoires et à la lutte contre le changement climatique. « Notre maison brûle et nous regardons ailleurs » disait Jacques Chirac, président de la République française, en ouverture de son discours devant l’assemblée plénière du IVe Sommet de la Terre le 2 septembre 2002 à Johannesbourg.
Nous pourrions tristement corriger cette phrase aujourd’hui : « notre maison brûle et nous la regardons brûler ». Le temps des promesses d’un avenir meilleur en fermant les yeux sur les impacts est révolu. Le revers de la médaille de ces promesses s’avère effectivement plus complexe et incertain que nous ne l’envisagions : le changement climatique s’accélère, porteur d’évènements majeurs comme ces incendies, les limites planétaires se franchissent comme les haies d’une course où la ligne d’arrivée a tout d’un destin tragique. Nous sommes aujourd’hui face à une crise majeure, celle de notre modèle de développement…
La CFDT appelle la Direction d’Orange à prendre sa part en considérant cette nouvelle réalité en face : le futur est déjà là. 2026 qui pourrait paraitre une année exceptionnelle, n’en n’est pas une. Inondations, tempêtes, canicules à répétitions, feux en Bretagne, à Fontainebleau, dans les Landes, dans le Var, méga feu de Gironde, l’ensemble de ces évènements ne sont plus une exception mais deviennent la norme pour nos sociétés qui ne jouent pas le jeu de l’adaptation.
Il est impératif et urgent pour l’avenir de notre entreprise d’échanger entre partenaires sociaux sur l’impact du changement climatique et des évènements extrêmes sur les conditions de travail des salariés et l’adaptation du travail. Il est temps pour qu’Orange se dote d’un grand plan d’adaptation aux changements climatiques, ce n’est pas une option, c’est une exigence incontournable pour préparer la résilience de nos réseaux, pour adapter les organisations du travail, pour adapter le modèle de développement aux aléas climatiques et à la finitude des ressources naturelles !