Newsletter CSEE Innovation Mai 2026 3 juin 2026
Vous trouverez dans cette lettre d’information notre compte rendu détaillé sur les quatre grands dossiers de ce CSEE :
⚙️Le projet « Platforming » : Une réorganisation d’envergure de la direction IT-S (IT and Services), sur laquelle nous avons émis un avis négatif unanime avec les autres organisations syndicales, faute de garanties suffisantes pour les salariés.
💰Les comptes et Activités Sociales et Culturelles (ASC) : La présentation de comptes excédentaires, qui a conduit la CFDT à proposer une redistribution immédiate de 150 € à chaque salarié, proposition malheureusement bloquée par les autres organisations syndicales.
🔬Le projet « Recherche » : Une évolution de l’organisation de la Recherche que nous avons jugée précipitée. Nous avons obtenu la mise en place d’un suivi renforcé pour en maîtriser les risques.
📊Le bilan d’activité (ITA) : L’analyse trimestrielle de l’activité d’Orange Innovation, où nous avons pointé des incohérences budgétaires et des oublis majeurs qui masquent une partie de vos efforts.
⚙️Projet « Platforming » : Analyse, questions et vigilance de la CFDT pour protéger les salariés
Le premier point de la seconde séance du CSEE (Comité Social et Économique d’Établissement) de mai concernait le projet de réorganisation de la direction IT-S (IT and Services). Ce projet, baptisé «Platforming» (ou platformisation), vise à scinder l’entité actuelle en deux nouvelles directions :
-Global IT : centrée sur le rôle de Directeur des Systèmes d’Information (DSI) pour le Groupe.
-Architecture & Platforms as a Service (APaaS) : dédiée à la livraison des plateformes de services.
Fidèle à son rôle de syndicat constructif et exigeant, la CFDT a analysé ce projet en profondeur, non pas pour s’opposer au changement par principe, mais pour s’assurer que cette transformation se fasse dans l’intérêt des salariés, avec des garanties solides sur leurs conditions de travail.
-Des expertises qui confirment les inquiétudes du terrain
Avant même nos interventions, les rapports de l’expert mandaté par le CSEE (cabinet SECAFI) et de la CSSCT (Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail) sont venus confirmer les nombreuses remontées que nous avions reçues des salariés :
-Une fatigue organisationnelle importante, liée à la succession de réorganisations dont les bénéfices ne sont pas toujours démontrés ;
-Un manque de lisibilité et de compréhension des objectifs réels du projet pour une majorité de salariés ;
-La crainte de voir se créer de nouveaux silos, complexifiant la collaboration et alourdissant les processus ;
-Des impacts sous-évalués sur la charge de travail, les collectifs et les relations sociales.
Ces analyses ont constitué une base solide pour nos échanges, démontrant que les préoccupations exprimées n’étaient pas isolées mais bien partagées par de nombreux collègues.
–L’intervention structurée de la CFDT : obtenir des engagements concrets
Forts de ces constats et des retours du terrain, vos représentants CFDT ont préparé une intervention structurée autour de trois axes prioritaires, visant à obtenir des engagements précis, datés et contrôlables de la part de la direction.
1. Charge de travail et prévention des Risques Psycho-Sociaux (RPS) Nous avons insisté sur la nécessité d’une évaluation formelle de la charge de travail future, en intégrant tous les facteurs (projets immobiliers, départs, formations…). Face à une direction qui reconnaît ne pas avoir réalisé cette évaluation, nous avons exigé de savoir quelles activités seraient arrêtées ou décalées pour permettre aux équipes d’absorber la transition sans surcharge.
2. Gouvernance et mesure réelle des bénéfices Pour éviter la création de silos, nous avons demandé à la direction de prouver, via des cas d’usage concrets, que la nouvelle gouvernance ne générerait pas de délais ou de doublons. Nous avons également réclamé des indicateurs clairs pour mesurer les bénéfices réels à 3, 6 et 12 mois, ainsi qu’une « clause de correction » formelle si les résultats n’étaient pas au rendez-vous.
3. Sécurisation des collectifs de travail les plus exposés Une attention particulière a été portée aux situations les plus fragiles :
–Les équipes scindées ou recomposées : quel plan d’atterrissage collectif est prévu?
–Les PMO (Project Management Office rs) : comment sécuriser leur double rattachement (hiérarchique et fonctionnel) pour éviter les injonctions contradictoires et la surcharge?
–Les salariés en management à distance : quels engagements sur la proximité managériale et la prévention de l’isolement ?
–Des réponses de la direction jugées très insuffisantes
Malgré la précision de nos questions, les réponses apportées par la direction se sont avérées largement insatisfaisantes. Nous avons constaté une tendance à renvoyer la responsabilité sur les managers de proximité, sans leur donner les moyens supplémentaires nécessaires, ou à fournir des réponses évasives comme « l’automatisation réduira la charge ».
Cette absence de réponses concrètes et d’engagements forts a renforcé notre conviction que le projet était présenté sans que toutes ses conséquences sur le travail quotidien des salariés aient été sérieusement mesurées.
Conclusion : Un avis négatif unanime et une vigilance renforcée
Face à ce manque de garanties, l’ensemble des organisations syndicales a voté unanimement un avis négatif sur ce projet. Ce vote unanime est un signal fort envoyé à la direction : le projet, en l’état, n’est pas acceptable car il ne fournit pas les sécurités nécessaires pour les salariés.
La CFDT restera extrêmement vigilante lors de la mise en œuvre de cette réorganisation. Nous continuerons de porter vos questions et de suivre de près la situation des équipes les plus impactées, en nous assurant que les rares engagements pris par la direction soient bien respectés.Être élus, pour la CFDT, ce n’est pas seulement siéger : c’est agir, s’investir et vous rendre des comptes. C’est le sens de notre engagement à vos côtés.
💰Comptes & ASC : Une gestion rigoureuse et une proposition de redistribution bloquée
Les séances de mai ont été l’occasion de présenter les comptes de l’année 2025 de notre CSEE (Comité Social et Économique d’Établissement). Ce moment, qui peut paraître technique, est en réalité crucial car il détermine la manière dont les budgets qui vous sont alloués sont gérés et utilisés.
–Une gestion exemplaire validée à l’unanimité
La CFDT se félicite de la certification sans aucune réserve des comptes 2025 par le Commissaire aux Comptes. Ce dernier a attesté que les comptes sont « réguliers et sincères et donnent une image fidèle » de la situation financière du CSEE. Ce résultat est le fruit d’une gestion rigoureuse et transparente, encadrée par le secrétaire CFDT du CSEE.
Cette excellente tenue des comptes a été reconnue par l’ensemble des élus, qui ont voté à l’unanimité leur approbation.
–Un excédent important qui doit revenir aux salariés
Cette bonne gestion a permis de dégager un excédent significatif sur le budget des ASC (Activités Sociales et Culturelles). Au total, les réserves du CSEE s’élèvent à plus de 1,5 million d’euros.
Pour la CFDT, la vocation d’un CSEE n’est pas d’accumuler des réserves, mais bien de redistribuer aux salariés les budgets qui leur sont destinés. Cet argent est le vôtre, et il doit vous revenir.
La proposition concrète de la CFDT : 150 € pour chaque salarié cet été
Forts de ce constat, vos représentants CFDT ont porté une proposition concrète et immédiate : l’attribution d’un abondement exceptionnel de 150 € sur le Compte Familial de chaque salarié.
Cette mesure, financée par les excédents de 2025, était conçue pour être mise en place rapidement, afin que vous puissiez en bénéficier dès la période estivale.
–Un blocage incompréhensible des autres organisations syndicales
À notre grande surprise, cette proposition a été rejetée par une majorité constituée des autres organisations syndicales. Le motif invoqué ? Un besoin de «plus de temps pour examiner les comptes».
La CFDT s’étonne de cette position qui semble contradictoire. Comment peut-on, d’un côté, voter à l’unanimité la certification des comptes, reconnaissant ainsi leur justesse et leur transparence, et de l’autre, refuser une redistribution au motif qu’il faudrait plus de temps pour les analyser ?
Même posture contradictoire en début de séance, lorsqu’était rejetée notre proposition d’inscrire à l’ordre du jour un point supplémentaire pour valider des activités locales en attente de financement.
–Conséquence : les salariés privés d’un juste retour
La conséquence directe de ce blocage est simple ; les salariés risquent de ne pas pouvoir bénéficier de cet apport financier supplémentaire pour leurs vacances et loisirs d’été.
La CFDT déplore cette situation. Alors que les fonds sont disponibles et que leur gestion est certifiée saine, une posture de blocage prive les salariés d’un juste retour. Notre priorité reste et restera la défense de vos intérêts et l’utilisation juste et rapide des budgets qui vous sont alloués. Soyez assurés que nous représenterons cette proposition de redistribution lors du prochain CSEE ; les délais de sa mise en œuvre pour l’été seront alors plus serrés, mais vous pouvez compter sur nous pour faire tout notre possible pour les tenir.
🔬Projet « Recherche » : La CFDT obtient un suivi renforcé pour un projet jugé précipité et mal préparé.
Ce projet vise principalement à rattacher hiérarchiquement les Responsables de Programme et les doctorants directement à la direction de la Recherche, alors qu’ils étaient jusqu’à présent intégrés au sein des différentes directions métiers (IT-S, Networks, etc.).
Si la CFDT partage l’ambition de renforcer la recherche, nous avons, dès le début, exprimé de sérieuses réserves sur la méthode et les impacts de ce projet sur les conditions de travail.
–Des expertises qui valident nos inquiétudes
Comme pour le projet « Platforming », les analyses menées par l’expert mandaté (cabinet Technologia) et par la CSSCT-T (Commission Santé, Sécurité et Conditions de Travail Temporaire) sont venues confirmer point par point les alertes que nous avions émises :
La destruction des routines de travail : Le changement de rattachement managérial, présenté comme un simple ajustement administratif, risque en réalité de casser des collectifs de travail efficaces et de complexifier la collaboration quotidienne.
Des risques psycho-sociaux (RPS) élevés : L’expert a souligné que tous les indicateurs de risques (charge de travail, exigences émotionnelles, perte d’autonomie) « clignotent », en particulier pour les populations les plus exposées.
Des populations fragilisées : Une inquiétude particulière a été soulevée pour les doctorants, dont le cadre de travail et d’encadrement est modifié en cours de thèse, ainsi que pour les nouveaux managers de la Recherche, qui se voient confier de nouvelles responsabilités sans toujours disposer de la formation ou du temps nécessaire.
–L’intervention de la CFDT : des questions précises pour des garanties concrètes
Forts de ces analyses et des nombreux témoignages recueillis, vos représentants CFDT ont structuré leur intervention pour exiger des réponses claires de la direction sur les angles morts du projet. Nous avons notamment mis en lumière :
- Un projet précipité, sans véritable inclusion des salariés : Nous avons regretté que le projet soit mené dans des délais trop courts, sans prendre le temps de consulter plus largement les salariés directement impactés pour garantir leur adhésion.
- Un dialogue insuffisant avec les équipes métiers : Nous avons pointé le manque de concertation avec les équipes qui accueillent les doctorants et les chercheurs. Leurs managers n’étaient souvent pas informés des implications concrètes du projet sur leur propre rôle d’encadrement.
- Des fonctions supports oubliées et un manque de transparence : Les fonctions supports (finances, juridique, etc.), bien qu’indirectement touchées, n’ont pas été consultées. Nous avons également questionné la direction sur les clauses de confidentialité que certains collègues ont dû signer, une pratique qui nuit à un dialogue social transparent.
- Des risques budgétaires et organisationnels sous-estimés : Avec le nouveau rattachement, qui fournira le budget pour les sujets de recherche ? Nous avons alerté sur un risque d’incompréhension budgétaire qui pourrait pénaliser les projets à l’avenir.
–Une direction qui minimise les impacts
Face à nos questions précises, la direction a adopté une posture rassurante mais peu convaincante, affirmant que le projet n’aurait que peu d’impact sur le « fond du travail » et que les risques étaient déjà couverts par les plans de prévention existants (le DUERP – Document Unique d’Évaluation des Risques Professionnels). Cette réponse, qui consiste à nier l’émergence de nouveaux risques, n’est pas acceptable pour la CFDT.
L’action de la CFDT : un avis critique et un suivi obligatoire
Face à ce manque de garanties, les élus du CSEE ont adopté à l’unanimité un avis qui, tout en ne s’opposant pas aux objectifs du projet, en critique fortement la méthode et les manques.
Surtout, à l’initiative de la CFDT et avec le soutien de toutes les organisations syndicales, une résolution a été votée pour mandater les CSSCT permanentes (celles de IT-S, Network Data IA Research, et Marketing & Directions Transverses).
Ce mandat est une victoire importante : il oblige la direction à organiser un suivi régulier et formel de la mise en œuvre du projet au sein de ces commissions. La CFDT utilisera ce levier pour s’assurer que les conditions de travail des chercheurs, des doctorants et de leurs encadrants soient réellement protégées et que les promesses de la direction ne restent pas lettre morte.
📊Bilan d’Activité : Entre chiffres officiels et réalités du terrain, la CFDT demande des comptes
Loin d’être une simple formalité, ce bilan est pour la CFDT une occasion essentielle de confronter la stratégie de l’entreprise aux réalités vécues par les salariés.
Pour ce bilan du dernier trimestre 2025, la commission PEEM (Projets Économie et Évolution des Marchés), présidée par un représentant CFDT, a produit un « rapport d’étonnement ». Ce format nous a permis de souligner les points positifs tout en questionnant fermement les manques et les incohérences du bilan présenté par la direction.
–Des demandes concrètes pour une meilleure lisibilité
Avant même d’analyser le fond, la CFDT a pointé un manque d’homogénéité et de clarté dans les documents fournis. Pour que le dialogue social soit efficace, il faut que l’information soit compréhensible par tous. Nous avons donc obtenu de la direction deux engagements importants :
Une présentation uniforme : Nous avons demandé que chaque direction présente son bilan de manière structurée (succès, points de vigilance, plans d’action), ce vers quoi la direction a indiqué vouloir tendre.
Une meilleure compréhension financière : Face à la complexité des indicateurs, nous avons obtenu la mise à disposition d’un glossaire et l’organisation d’une formation financière pour les membres de la commission.
–Les grands oubliés du bilan : ce que la direction ne dit pas
Notre analyse a mis en lumière que plusieurs sujets majeurs, qui ont un impact direct sur votre charge de travail et votre quotidien, étaient absents du bilan d’activité présenté par la direction :
La conformité NIS2 : Le travail considérable mené par les équipes pour préparer la mise en conformité avec cette nouvelle directive européenne sur la cybersécurité n’a pas été mentionné, alors qu’il mobilise de nombreuses ressources.
La fermeture du réseau Innovation : Les migrations, subies ou à venir, qui en découlent, représentent une charge de travail et une source de stress importantes pour les équipes concernées.
Les réorganisations en série : Les projets de transformation au sein des directions IT-S, Produit et Recherche, bien que structurants et impactants, n’ont pas été intégrés dans ce bilan d’activité.
Pour la CFDT, ignorer ces sujets revient à nier une partie significative du travail et des efforts fournis par les salariés d’Orange Innovation.
–Le paradoxe des budgets : la CFDT pointe les incohérences
Le point le plus marquant de notre analyse concerne la gestion des budgets. Alors que la direction se félicite d’une maîtrise globale des coûts, nous avons soulevé un paradoxe troublant :
-D’un côté, des budgets comme l’immobilier ou les services informatiques centraux (DISU) connaissent des dépassements de plusieurs millions d’euros.
-De l’autre, on demande aux salariés de faire des efforts sur des budgets bien plus modestes mais essentiels à leur activité, comme les déplacements et les séminaires (4,5 millions d’euros pour toute la division).
Ce « deux poids, deux mesures » est pour nous un point de vigilance majeur. Le « quoi qu’il en coûte » semble s’appliquer aux grands projets immobiliers et aux réorganisations, mais pas aux moyens nécessaires au bon fonctionnement des équipes.
De plus, nous avons questionné la direction sur un autre point : les effectifs réels de la division sont inférieurs aux prévisions, notamment en raison des départs en Temps Partiel Senior (TPS). Ces départs génèrent des économies sur la masse salariale. La CFDT a donc demandé pourquoi ces économies ne sont pas réinvesties pour sécuriser les activités d’Orange Innovation, par exemple via un mécanisme d’ajustement sur la refacturation interne (« recharging »).
Synthèse : une vigilance constante pour protéger vos conditions de travail
Si la CFDT reconnaît les succès et la création de valeur sur certains projets comme Orange Money, notre rôle est aussi et surtout de veiller à ce que la stratégie du groupe ne se fasse pas au détriment des salariés.
Ce bilan d’activité a une nouvelle fois démontré la nécessité d’une analyse critique et rigoureuse. La CFDT continuera de porter ces points de vigilance, de questionner les incohérences et de défendre une allocation des ressources qui respecte le travail et l’engagement de chacun d’entre vous.
🎯Conclusion : Une posture responsable pour des représentants mieux équipés
Ces différents dossiers illustrent une constante dans notre action syndicale : une approche à la fois constructive et exigeante, qui vise à anticiper les risques et à défendre vos intérêts avec la plus grande rigueur.
C’est cette même logique de responsabilité qui a guidé notre position lors du débat sur l’acquisition d’un outil d’aide juridique s’appuyant sur l’intelligence artificielle (IA). Ce sujet a suscité des débats et des craintes légitimes chez certaines organisations syndicales.
Pour la CFDT, la question n’est pas d’être pour ou contre l’IA, mais de savoir si les élus doivent se donner les moyens d’être aussi bien armés que la direction pour analyser des dossiers complexes et défendre efficacement les salariés. Refuser par principe un outil moderne, souverain et sécurisé, ce serait prendre le risque de nous affaiblir collectivement face à un employeur qui, lui, n’hésite pas à mobiliser toutes les technologies à sa disposition. Notre rôle est de comprendre ces technologies pour mieux les encadrer et en prévenir les usages qui pourraient être préjudiciables aux salariés.
C’est pourquoi nous avons défendu et voté en faveur de cette acquisition, qui a finalement été adoptée.
Se doter des meilleurs outils, analyser chaque projet avec expertise et ne jamais perdre de vue la défense de vos droits et de vos conditions de travail : voilà l’engagement que vos élus CFDT continueront de porter pour vous.
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