Projet Immobilier « New Lannion »

Innovation

Projet Immobilier « New Lannion »

🏗️ Projet «New Lannion » : l’expertise dĂ©nonce des partis-pris

Le CSEE (ComitĂ© Social et Économique d’Établissement) du 19 mars Ă©tait une Ă©tape cruciale concernant le projet immobilier « New Lannion », avec la restitution très attendue du rapport d’expertise du cabinet indĂ©pendant Technologia, mandatĂ© par vos Ă©lus. Cette expertise, que la CFDT a ardemment soutenue, confirme point par point les alertes que nous portons depuis des mois. Le constat est sans appel : le projet, en l’Ă©tat, fait primer une logique financière de court terme sur la santĂ©, la sĂ©curitĂ© et la qualitĂ© de vie et des conditions de travail (QVCT) des salariĂ©s.

🟠 Le constat accablant du cabinet d’experts Technologia

Le rapport du cabinet Technologia, long de plus de 300 pages, est une analyse rigoureuse et factuelle qui met en lumière des dĂ©fauts de conception majeurs et des risques graves pour les salariĂ©s. L’enquĂŞte menĂ©e auprès du personnel rĂ©vèle une dĂ©fiance massive : seuls 5 % des salariĂ©s adhèrent au projet et la moitiĂ© n’a plus confiance en la direction pour le mener Ă  bien.

Voici les conclusions les plus alarmantes de l’expertise :

Un dĂ©ficit de postes de travail structurel : Dans un scĂ©nario dĂ©jĂ  favorable Ă  la direction, l’expertise chiffre le manque Ă  63 postes de travail pour les seuls salariĂ©s d’Orange Innovation. Selon nos propres calculs, ce dĂ©ficit atteindrait au moins 95 postes pour l’ensemble du site. Cette pĂ©nurie organisĂ©e rendra la recherche d’une place chaque matin anxiogène et conflictuelle.

Une densification record et des surfaces insuffisantes : Avec 4 Ă  6 m² rĂ©els par poste, les surfaces sont non seulement infĂ©rieures aux recommandations (6,5 m²) mais aussi Ă  ce qui se pratique sur d’autres sites d’Orange Innovation. Le projet bat des records avec une concentration de 35 « benchs » (Ă®lots) de 6 personnes, une configuration abandonnĂ©e sur d’autres sites Ă  la suite des retours d’expĂ©rience nĂ©gatifs.

Le non-respect systĂ©matique des normes de confort et de sĂ©curitĂ© : L’expertise confirme que les prĂ©conisations de la norme de rĂ©fĂ©rence pour l’amĂ©nagement des bureaux (NF X35-102) ne sont pas respectĂ©es sur des points essentiels : distances entre les postes, dĂ©bits de renouvellement d’air au minimum lĂ©gal, etc. De plus, de nombreuses salles de rĂ©union ne sont pas conformes aux distances lĂ©gales de sĂ©curitĂ©.

Un risque psychosocial majeur et un « travail invisible » : Le rapport alerte sur un risque psychosocial « principalement organisationnel et cumulatif ». La recherche d’une place, le transport de matĂ©riel, la gestion du bruit, la nĂ©gociation pour accĂ©der Ă  un poste adaptĂ©… tout ce « travail invisible » deviendra une charge mentale quotidienne. Les experts ont Ă©tĂ© marquĂ©s par l’Ă©tat de dĂ©tresse de certains salariĂ©s, allant jusqu’Ă  des « crises de larmes en entretiens », ce qui n’est pas neutre…

Un recours au tĂ©lĂ©travail contraint : L’expertise est formelle ; le projet fait porter la rĂ©gulation du manque de places sur les salariĂ©s et les managers. Pour la CFDT, la ligne rouge est claire : le tĂ©lĂ©travail, conquis de haute lutte, ne doit jamais devenir la variable d’ajustement d’un projet sous-dimensionnĂ©.

Des problèmes d’accès et de stationnement critiques : Il manque 133 places de parking pour les voitures et au moins 60 pour les vĂ©los, crĂ©ant un risque de saturation et de stress quotidien. L’accès unique via un rond-point dĂ©jĂ  saturĂ© est Ă©galement une source de danger.

🟠 Notre analyse : un projet déconnecté du travail réel

Pour la CFDT, cette expertise valide ce que nous dĂ©nonçons depuis le dĂ©but : ce projet n’a pas Ă©tĂ© pensĂ© pour les salariĂ©s, mais contre eux. Le discours de la direction sur la « co-construction » et « l’amĂ©lioration des conditions de travail » ne rĂ©siste pas Ă  l’analyse des faits. La rĂ©alitĂ©, c’est que les choix structurants (la taille du bâtiment, le budget) ont Ă©tĂ© verrouillĂ©s en amont, ne laissant aux salariĂ©s et Ă  leurs reprĂ©sentants que des marges de manĹ“uvre Ă  la baisse.

Nous avons dĂ©noncĂ© en sĂ©ance cette mĂ©thode qui consiste Ă  appliquer une « recette » nationale dogmatique, sans tenir compte des spĂ©cificitĂ©s de Lannion : un foncier peu cher, des salariĂ©s habituĂ©s Ă  des bureaux individuels et un attachement historique au site. Le double passage brutal du bureau individuel Ă  l’open space (espace de travail ouvert) et du poste attribuĂ© au flex-office (bureau non-attribuĂ©) est une rupture d’une violence inĂ©dite, qui va accentuer les risques psychosociaux.

MalgrĂ© les 11 rĂ©unions de la commission dĂ©diĂ©e (CSSCT), nos questions fondamentales sont restĂ©es les mĂŞmes du dĂ©but Ă  la fin, preuve du peu de volontĂ© de la direction de revoir sa copie. Pire, le dossier prĂ©sentĂ© en CSEE continue d’affirmer que la norme NF X35-102 est respectĂ©e, alors que l’expertise et nos travaux prouvent le contraire. C’est un dĂ©ni de dialogue et un manque de respect pour le travail des reprĂ©sentants du personnel.

🟠 Nos actions concrètes : rendre le projet acceptable

Face à ce projet dangereux, la CFDT, aux côtés des autres élus, a voté un avis négatif unanime lors du CSEE. Mais nous ne nous contentons pas de refuser. Fidèles à notre culture du dialogue constructif, nous avons formulé des demandes claires et des propositions alternatives pour rendre ce projet acceptable et préserver la santé des salariés.

Nous soutenons fermement les 3 exigences issues des travaux de la CSSCT et de l’expertise :

Recalibrer le nombre de postes en fixant le ratio de partage à 0,8 au minimum, pour tenir compte du taux de présence réel.

Augmenter la surface par poste à au moins 7 m² réels, pour garantir des conditions de travail dignes et permettre le respect des normes.

Respecter scrupuleusement les prĂ©conisations de la norme NF X35-102, notamment sur les distances entre les postes, la suppression des « benchs » de 6 personnes et un renouvellement d’air de qualitĂ©.

Pour atteindre ces objectifs, nous avons mis sur la table des solutions concrètes et réalistes :

Conserver le bâtiment LB pour augmenter la surface disponible.

PrĂ©voir un Ă©tage supplĂ©mentaire sur le nouveau bâtiment, par exemple en structure bois comme cela s’est fait Ă  Caen.

Transformer le bâtiment LL en espace de travail tertiaire.

Aménager des places de parking supplémentaires sur les espaces verts avec des revêtements perméables.

Mettre en place un vĂ©ritable comitĂ© de suivi après l’installation, avec des indicateurs partagĂ©s et une clause d’ajustement obligatoire si les problèmes persistent.

La CFDT ne se laissera pas impressionner par un calendrier, ou un budget, prĂ©tendument bouclĂ©s. La santĂ© et la sĂ©curitĂ© des salariĂ©s ne sont pas nĂ©gociables. Nous utiliserons tous les leviers Ă  notre disposition pour que la direction entende raison et revoie en profondeur ce projet qui, en l’Ă©tat, est une rĂ©gression sociale inacceptable.

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